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Vue historique
Le début de cette crise est causé par la décision
de la Federal Reserve Bank de pratiquer en 2003 et 2004 des taux
d’intérêts jugés trop faibles, incitant
à la distribution « agressive » de crédits
aussi bien qu'à la recherche par les investisseurs et les
épargnants des rémunérations supplémentaires,
obtenus par le développement massif de prêts risqués
à des personnes insolvables, avec des taux d'intérêts
plus élevés.
La
crise s'est déclenchée au deuxième semestre
de l’année 2006 avec le krach des prêts immobiliers
(hypothécaires) à risque aux États-Unis (sub-primes),
que les emprunteurs (de conditions modestes), n'étaient plus
capables de rembourser. La crise financière mondiale est
révélée en février 2007 par l'annonce
d'importantes provisions passées par la banque HSBC. Elle
s'est transformée en crise financière mondiale à
partir de l'été 2007, les banques du monde entier
ont dû passer chaque trimestre dans leurs comptes des dépréciations
de la valeur de leurs actifs, avec une défiance envers les
créances titrisées en particulier (ABS, RMBS, CMBS,
CDO) qui comprennent une part plus ou moins grande de crédits
immobiliers (sub-prime), puis envers les fonds d'investissement,
les OPCVM (dont les SICAV monétaires) et le système
bancaire susceptibles de détenir ces dérivés
de crédit.
Jusqu’ à l'été 2008, on était
devant une chute des capitaux propres des banques causée
par ces dépréciations qui ont été totalisées
à 500 milliards de dollars américains. Certaines banques
ont nettoyées ces pertes grâce à des augmentations
de capital, en vendant en Bourse de nouvelles actions, qui ont totalisé
300 milliards de dollars. La majorité de banques ont préféré
de reconstituer leurs réserves par une diminution de leur
activité de crédit traditionnelle, et se sont contentées
de respecter au strict minimum les ratios de solvabilité,
malgré une crise dont l'ampleur crée un besoin de
sécurité plus important. C’est la crise bancaire
la plus grave depuis la Grande Dépression de 1929 et entraîne
depuis Septembre 2008 un bouleversement majeur du paysage bancaire
international.
Le 15 septembre 2008, le gouvernement américain a laissé
la banque d'affaire Lehman Brothers faire faillite sans intervenir,
après s'être assuré que ses créanciers
étaient assez nombreux pour que l'impact soit dispersé.
Cette décision a obligé les banques à prendre
des mesures. Prenant conscience que les États privilégieraient
le sauvetage des banques de dépôt, plusieurs grandes
banques d'investissement américaines se sont fait racheter
afin de sauver leurs activités (Bear Stearns, Merrill Lynch,
Washington Mutual et Wachovia).
Ces
banques d'affaires étaient les victimes désignées
du système d'assurance des créances immobilières
par les rehausseurs de crédits, qui avait eu un grand succès
auprès des épargnants jusqu'en 2007 mais s'est révélé
inefficace devant l'ampleur des risques à couvrir. Ces rehausseurs
de crédit ne disposant pas d'assez de capitaux propres pour
tenir leurs engagements, ils se sont retrouvés en faillite,
obligeant des clients aussi prestigieux que la banque d'affaires
Merrill Lynch à porter plainte.
La crise de confiance générale dans le système
financier a causé une première chute des marchés
boursiers à l'été 2007. Elle fut cependant
beaucoup moins importante que celle de l'automne 2008. Les autorités
et les gouvernements ont d'abord cru à une crise de liquidité
bancaire et les banques centrales n'ont cessé d'injecter
des liquidités massives dans le marché interbancaire.
Mais peu à peu, le scénario d'une crise de solvabilité
globale des banques s'est imposé.
L’étendue
et l'ampleur de cette crise provient des transgressions des règles
régissant la distribution du crédit. La titrisation
des créances américaines risquées, revendues
sous forme d'obligations à des épargnants partout
dans le monde lui a donné la dimension mondiale.
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