La
révolution des années 80 … Un univers financier
libéralisé
L’environnement
réglementaire et concurrentiel des banques est bouleversé
à partir années 80s. Ce phénomène,
parti des Etats-Unis, dans les années 70s, atteint ensuite
les autres pays industrialisés, bien que plus tardivement
l’Allemagne et le Japon. Il gagne enfin divers pays émergents,
à un rythme plus ou moins rapide à partir des
années 90s.
Les
banques sont depuis lors confrontées à des défis
sans précèdent et doivent :
•
Améliorer leur efficacité.
• Elaborer de véritables stratégies de plus
en plus réactives.
• Réévaluer leurs processus de décision.
• Adapter leurs structures d’organisation (production
– distribution – sous-traitance – pbs de gouvernance).
• Changer de statut pour les banques publiques ou mutualistes.
1.
Causes d'une révolution
financière
1-
Causes d'une révolution financière
La
révolution financière qui s’engage à
partir de la fin des années 70s va profondément
bouleverser les conditions d’activité des banques
et les contours de l’activité bancaire. On peut
la relier à quatre grandes catégories de causes
:
1.1
Les changements de l’environnement macro-économique
Les
années 70s inaugurent une période de déséquilibres
macro-économiques sans précèdent :
•
Déficits publics et de balance des paiements courants
parfois gigantesques (4 à 5% des PIB, voir plus).
• Forts taux d’inflation appelant des politiques
monétaires de désinflation rigoureuses.
• Volatilité croissante des taux d’intérêt
et des taux de change.
Certains
de ces déséquilibres conjoncturels vont perdurer
au delà des années 80s dans plusieurs grands pays
industrialisés (exemples : déficits budgétaires
aux Etats-Unis, en Allemagne, France).
A
partir des années 90s s’y ajoutent diverses évolutions
structurelles :
• Poids de la dette publique accumulée dans certains
pays.
• Chômage élevé de longue durée
dans d’autres.
• Inflation très faible et menaces de déflation
dans quelques uns.
• Vieillissement de la population et menaces sur l’équilibre
des régimes de retraite et le financement des systèmes
de santé dans presque tous.
Plus
généralement, se posent des problèmes aigus
de redistribution intergénérationnelle qui impliquent
un recours massif et croissant à des actifs et intermédiaires
financiers.
1.2
Les évolutions technologiques
La
finance est grosse « consommatrice » d’information
et à ce titre, très dépendant des évolutions
technologiques de l’information (Information et télécommunications).
Les institutions financières sont parmi les plus gros
clients des constructeurs informatiques et des opérateurs
de télécommunications.
L’informatique
joue un rôle crucial dans :
• La rationalisation des tâches et la réduction
des coûts (traitement des cheques et autres moyens de
paiements, conservation des titres, négociation sur les
marchés de changes).
• L’élaboration et la diffusion de nouveaux
produits et services financiers (cartes de crédit, banque
en ligne).
• L’aide à la décision (stratégies
d’arbitrage sur des marchés de produits dérivés).
Les
télécommunications (souvent combinées à
l’informatique), sont au cœur de la révolution
dans les systèmes de paiements :
• Rôle croissant des systèmes de règlements
des gros montants en liaison avec l’explosion des activités
de marchés.
• Interconnexion des marchés boursiers et plateformes
de négociation de devises, titres ou produits dérivés.
• Transmission planétaire des bases de données
indispensable aux activités financières.
Malgré
la baisse continue des prix des équipements, les investissements
en informatique et télécommunications représentent
une part croissante et importante des dépenses d’investissement
des banques et autres intermédiaires financiers. Les
banques et autres acteurs financiers deviennent des clients
majeurs des constructeurs informatiques et opérateurs
de télécoms. Ceci soulève des problèmes
nouveaux pour les stratégies et la gestion bancaires,
du faite de l’irréversibilité croissante
des choix d’investissement, et de l’obsolescence
rapide des équipements et du coût élevé
des amortissements accélérés.
1.3
Les innovations financières
Il
faut bien faire la distinction traditionnelle entre les innovations
des produits et les innovations des processus. Les innovations
de processus sont largement associées à l’intégration
des nouvelles technologies (la dématérialisation
des titres, l’image cheque, la carte à puce). Les
innovations des produits ont été extrêmement
nombreuses au cours des 25 dernières années :
• Titres à court terme dans les pays qui n’en
étaient pas encore dotés (billets de trésorerie,
certificats de dépôt, effet négociables
à moyen terme).
• Obligations aux caractéristiques de plus en plus
sophistiquées (amortissements à fenêtre,
convertibles en actions, etc).
• Produits dérivés (contrats à terme,
options négociables, contrats d’échange,
dérivés de crédit) destinés à
gérer les risques associes à toute opération
de financement.
• Titrisation des crédits et produits structurés.
• Produits de gestion collective de l’épargne
(assurance vie, « hedge funds »).
1.4
Les assouplissements du cadre réglementaire (déréglementation
ou libéralisation financière)
Pendant
près d’un demi-siècle, les systèmes
bancaires des pays industrialisés ont fonctionné
dans le cadre réglementaire hérité des
années trente. Ce cadre est devenu de plus en plus contraignant
et inadapté à partir de la fin des années
70s. Le processus de déréglementation va alors
porter sur les principaux points suivants :
• Banalisation des statuts de certains intermédiaires
financiers et élargissement de leurs champs de compétence
(banques de dépôts et caisses d’épargne
aux Etats-Unis, au Royaume Uni, en France).
• Suppression des plafonds de rémunération
des dépôts et des restrictions sur divers taux
d’intérêt.
• Erosion ou suppression des frontières entre activités
bancaires et assurance, et activités bancaires et marchés
de capitaux.
• Ouverture aux banques étrangères (souvent
en liaison avec l’adhésion des pays à l’OMC).
La
fin des privilèges des banques traditionnelles
La
Consolidation des Systèmes Bancaires