| Un
profil d’échéances est un tableau qui classe les
actifs et les passifs selon leur durée restant à courir
et qui présente les caractéristiques suivantes :
>>
Les classes d’échéances sont plus ou moins fines,
et ce, en fonction du terme des actifs et passifs. Pour les échéances
rapprochées, les classes couvrent des durées courtes
; pour les échéances plus lointaines, les classes
couvrent des durées longues. En effet, il est nécessaire
de connaître très précisément les passifs,
arrivant à échéance dans les prochains jours
alors qu’une telle précision n’est plus de mise
pour des échéances à six mois, un an ou davantage.
>>
Les actifs et passifs sont évalués avec la plus grande
exactitude possible, ce qui conduit à résoudre plusieurs
difficultés :
•
L’évaluation des engagements hors bilan. Ces engagements
se sont considérablement développés dans les
banques ces dernières années avec les filets de sécurité,
les crédits confirmés, les opérations à
terme de change ou sur instruments financiers et les options. L’exigibilité
de ces engagements est subordonnée à un événement
futur mais certain. S’il est difficile d’évaluer
les entrées et sorties de fonds découlant de ces opérations,
il est néanmoins nécessaire de les estimer sur la
base de constatations passées ou encore en appliquant un
principe de prudence : le caractère incertain de ces flux
est laissé de côté et les engagements hors bilan
sont rapportés dans le profil d’échéances.
•
Les actifs et passifs sans stipulation de terme. Il s’agit,
par exemple, de l’encaisse de la banque, des dépôts
à vue ou des fonds propres. Les dépôts à
vue devraient figurer dans la classe à échéance
la plus rapprochée puisque leur remboursement peut survenir
à tout moment. Mais l’expérience montre que
les dépôts à vue sont particulièrement
stables, étant repartis entre un grand nombre de déposants.
C’est pourquoi, dans certaines méthodes de calcul du
risque de liquidité – dont celle de la commission bancaire
– les emplois et ressources sans stipulation de terme ne sont
pas pris en compte.
•
Les actifs et passifs à échéance juridique
différant de leur échéance pratique. Certains
crédits, ainsi les découverts, ont une échéance
à court terme ; mais comme ils sont régulièrement
renouvelés, la banque semble davantage engagée avec
des crédits de ce type qu’avec par exemple des crédits
à moyen terme. D’autres crédits de ce type comportent
des clauses de remboursement anticipé qui peuvent modifier
les échéances. C’est donc l’expérience
acquise par la banque dans ce domaine qui lui permettra d’établir
le profil d’échéances le plus faible.
>>
Le profil d’échéances, comme un bilan, présente
un caractère instantané. Il doit donc être mis
à jour régulièrement.
2)
Le calcul d’un indice de liquidité
Trois
méthodes de calcul d’un indice de liquidité
vont être proposées :
>>
La méthode des impasses successives : Une impasse se
définit ainsi : pour une classe d’échéances,
c’est la différence entre les passifs et les actifs.
On calcule alors pour chaque classe une impasse qui est un indicateur
de montant, durée et échéance de la transformation
opérée par la banque. Le calcul met en évidence
les discordances d’échéances ainsi que les sorties
de fonds maximum auxquelles la banque aura à faire face,
période par période.
>>
La méthode des impasses cumulées : Le profil
d’échéances est cumulé par classes et
on calcule alors les passifs et actifs cumulés par échéance
puis les impasses cumulées. Le montant et la date de survenance
du besoin de financement maximum sont déterminés.
>>
La méthode des nombres : Cette méthode pondère
les actifs et passifs de chaque classe par le nombre moyen de jours
de chaque classe. Puis on calcule le ratio :
Des passifs
pondérés / Des
actifs pondérés
•
Si le ratio est supérieur ou égal à «
1 », cela signifie que la banque ne transforme pas puisqu’elle
a davantage de ressources pondérées que d’emplois
pondérés.
•
Plus le ratio est faible, plus la banque transforme des ressources
à court terme en emploi à long terme.
La
commission bancaire calcule des indices de liquidité concernant
la transformation en francs en distinguant les opérations
avec la clientèle et les opérations de trésorerie
et interbancaires ainsi que la transformation en devises.
Outre
l’exposition au risque de liquidité, le calcul des
indices permet également d’évaluer le coût
de l’illiquidité : pour une échéance
donnée, l’impasse mesure le montant de l’emprunt
à effectuer pour apurer le déficit et le taux de l’emprunt,
le coût de la couverture du risque de liquidité.
B-
La gestion du risque de liquidité
De
façon générale, la gestion du risque de liquidité
consiste à emprunter des ressources supplémentaires
qui permettront d’honorer les échéances : elle
repose donc sur la facilite d’accès d’une banque
aux différents marchés de capitaux qui dépend
elle-même d’éléments comme la notoriété,
la taille, la rentabilité, la qualité de l’actionnariat,
éléments dont les apporteurs de capitaux tiennent
le plus grand compte. Mais la banque emprunteuse peut être
amenée à emprunter à des taux élevés
(en cas d’une crise sur le marché des changes, par
exemple) et supporter une marge d’intérêts négative.
Ainsi,
en fonction de sa facilite d’accès aux marchés
et des coûts qui en découlent, une banque accepte une
transformation plus ou moins élevée. Elle fixe en
conséquence des plafonds à différentes classes
du profil d’échéances afin de maintenir le risque
de liquidité dans les limites souhaitables.
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