| b)
Les indices ayant recours a l’actualisation : une méthode
plus technique d’évaluation du risque de taux utilise
le concept de duration, la duration étant une durée
pondérée par la valeur actuelle des flux engendrés
par un actif ou un passif donné. Plus précisément
: Somme
des durées pondérées par la valeur
Actuelle de tous les flux
Duration =____________________________________________________________
Somme des valeurs actuelles des tous les flux
Du fait
de son mode de calcul, la duration est une indication de durée.
Elle indique « le laps de temps nécessaire pour que le
prix d’un actif apprécié à sa valeur actuelle
soit récupéré ». Ainsi, si un crédit
a une duration de deux ans trois mois et douze jours, cela signifie
que grâce aux flux d’intérêts débiteurs
et de remboursement de capital, la banque récupérera
son prêt à cette date.
La duration est également un indicateur de sensibilité,
la sensibilité étant la variation de la valeur d’un
actif induite par la variation du taux d’intérêt.
Appliqué
au calcul du risque de taux d’une banque, le concept de duration
est utilisé selon deux approches. Dans un premier cas, on
calcule la duration de tous les actifs et passifs de la banque,
regroupés par échéances et par devises. La
duration totale de l’actif et du passif est égale à
la moyenne pondérée des durations de chaque classe
d’actifs et de passifs. Trois situations sont alors possibles,
présentées dans le tableau ci-dessous :
| |
Situation
en cas de |
| Hausse
des taux |
Baisse
des taux |
-Duration
actif > Duration du passif
-Duration actif < Duration du passif
-Duration actif = Duration du passif |
Défavorable
Favorable
Neutre |
Favorable
Défavorable
Neutre |
• La baisse des taux est une situation favorable pour la banque
dont la duration de l’actif est supérieure à
la duration du passif car dans ce cas, l’actif s’apprécie
davantage que le passif. La hausse des taux est défavorable.
•
La hausse des taux est une situation favorable pour la banque dont
la duration de l’actif est inferieure a la duration du passif
car l’actif se déprécie moins que le passif,
la baisse des taux est par contre défavorable.
•
L’égalité des durations conduit a la neutralisation
du risque de taux puisque les actifs et passifs s’apprécient
ou se déprécient dans les mêmes proportions.
Cette égalité est appelée immunisation.
On peut aussi actualiser les impasses calculées pour les
différentes classes d’échéances et raisonner
en termes d’impasses actualisées. Cette approche est
celle de la Commission bancaire et elle aboutit aux mêmes
conclusions que précédemment.
C-
La gestion du risque de taux
Sans
simplifier à l’excès, on peut dire qu’il
existe deux méthodes de gestion du risque de taux.
1)
La recherche de l’immunisation
La
banque s’assigne comme objectif de réaliser l’égalité
des durations de l’actif et du passif. Pour cela, elle doit
constamment adapter les taux et échéances de ses actifs
et passifs afin de parvenir à l’égalité
des durations, donc à l’immunisation. C’est ainsi
que la banque, qui consent un crédit au taux « i »
et à l’échéance « d », doit
simultanément trouver une ressource a taux et à échéance
identiques. Cette parfaite égalité des durations n’est
pas facile à obtenir et à conserver car comme le risque
de liquidité, le risque de taux est inhérent à
l’activité bancaire.
2)
La couverture du risque
Puisque
le risque de taux est difficile à neutraliser, la banque
doit s’efforcer de le couvrir.
En
premier lieu, elle doit déterminer le niveau de risque qui
lui paraît acceptable, par exemple en calculant la sensibilité
de ses actifs et passifs à une variation adverse des taux
d’intérêt, puis en comparant ce cout au montant
des fonds propres.
Une
fois le risque de taux évalué, la banque peut alors
se couvrir en ayant recours aux différents instruments financiers
des marchés à terme ou conditionnels ou aux garanties
de taux, et il n’est pas dans l’objet de cet ouvrage
de les exposer.
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