La
titrisation Un instrument stratégique
De nombreuses sociétés financières aux États-Unis
ont besoin de la titrisation pour financer leur activité.
Il n’est pas rare dans ce pays que des entreprises soient
financées quasi exclusivement par la titrisation : des sociétés
de crédit par exemple, qui produisent des crédits
liés à des cartes de crédit et titrisent le
portefeuille dès que celui-ci atteint un certain montant.
On
peut analyser cette tendance comme étant un corollaire de
la spécialisation des entreprises. On sait que la tendance
actuelle est à la sous-traitance ou à l’impartition,
et ce n’est pas un hasard : afin de maximiser ses profits,
chaque entreprise détermine son activité clé
(core business) et tendra à se débarrasser des activités
annexes. Pour donner un exemple grossier, une banque n’a pas
vocation à tenir un restaurant. Elle sous-traitera donc les
activités du restaurant d’entreprise à une société
spécialisée.
Dans
une certaine mesure, la titrisation est également révélatrice
de cette tendance. Lesdites sociétés de crédit
américaines ont décidé que leur activité
clé était l’évaluation du risque crédit
et la prise de risques de crédit. On dira que la fonction
de cette entreprise est l’« origination » de crédits.
Dans
cette optique, une activité annexe indispensable sera la
collecte des fonds nécessaires pour accorder les crédits.
Pour cette activité, on peut envisager les modèles
suivants :
1er
modèle : Collecte de fond sur le marché des
capitaux ou par le dépôt des clients, ce qui implique
que l’entreprise devient une banque, avec les éléments
suivants :
•
le bilan de l’entreprise gonfle au fur et à mesure
que les nouveaux crédits sont produits
• la gestion de trésorerie et de bilan devra tenir
compte des différentiels de taux et de maturité entre
les sources de financement et les actifs (gestion actif-passif,
ou Asset and Liability Management (ALM) en anglais)
• la gestion financière, de laquelle dépend
l’accès aux sources de financement, deviendra une autre
composante importante de l’activité.
Pour
assurer ses activités, l’entreprise devra engager des
salariés, acheter des systèmes experts et donc s’éloigner
de son activité clé telle qu’elle a été
déterminée. Ceci n’est pas mauvais en soi, puisque
nous avons décrit ici la naissance d’une banque, mais
reste que l’activité clé va commencer à
être délaissée, et l’entreprise va devoir
redéfinir ses activités clés.
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